Principe sixième
L’autorité impériale est continue au spirituel.

On note donc avec ravissement, corollaire logique de la première analyse entamée autour du principe cinquième, que la Loi fondamentale, en s’attachant avec force à distinguer temporel et spirituel, ne délie pas l’exercice de l’autorité impériale de tout. Elle est bien liée à (voire : liée par) quelque chose, mais dans sa dimension spirituelle. Il n’est pas innocent que le principe quatrième se soit attaché à formaliser la notion de résidence avant l’énonciation des modalités d’exercice du pouvoir : ce qui fait le spirituel, le religieux de l’autorité impériale, n’est pas un droit divin surgi des cieux qui la placerait d’office au-dessus de tout ; la fondation de l’Empire est intimement liée à la prise de conscience de sa pantopie, apparue dans un contexte amoureux au sein du couple impérial. Quant à la communauté des résidents, l’addition de leurs consciences donne à la Couronne son autorité naturelle, et la légitime non pas a posteriori, mais dans chacun de ces actes au moment où elle s’exerce.
Certains commentateurs ont argué cependant qu’il fallait bien que l’Empire précédât l’existence de la communauté, et que l’expression du principe cinquième ne permettait pas d’écarter l’intervention du droit divin dans la justification de l’autorité impériale. Cette mauvaise interprétation repose sur une méconnaissance des autres principes de la Loi fondamentale, et notamment de leur environnement quantique. D’autant qu’à l’évidence, la fondation de l’Empire n’a pu que reposer, non pas sur les seuls artefacts de l’union de l’Empereur et de l’Impératrice, mais sur une conscience concomitante de l’impact du fait impérial, ce qui permet de balayer d’un revers de manche comme inadéquates les arguties sans fin entre tenants de la théorie de l’œuf et partisans de la théorie de la poule. L’autorité impériale au temporel tient donc bien sa légitimité d’une continuité spirituelle, d’une re-ligion, mais s’en tient dans son exercice aux liens qui unissent le couple impérial et à ceux qu’elle entretient avec la communauté de ses résidents, qu’elle laisse libre d’y voir ou pas le signe d’autre chose qui dépasserait d’ailleurs le cadre de la Loi fondamentale de l’Empire pour s’inscrire dans celui de la Loi fondamentale – tout court.